Chronique 5
D’un lieu l’autre, me voici à Saint-Avold où, se dit-on en famille, devraient figurer des vitraux de Michel Thiria. Avant de m’y rendre et pour être bien certaine de trouver porte ouverte et vitraux présents, je cherche dans des archives et récolte des informations pratiques sur Internet.
La basilique Notre-Dame de Bon Secours est bien ouverte jusqu’à 17h. En revanche l’article Wikipédia qui évoque tous les vitraux de la basilique, photos à l’appui, indique seulement (et à tort) que ceux de la nef sont l’œuvre des ateliers Hohner de Nancy et que deux d’entre eux portent l’inscription « Metz 1901 Mme Thiria » et « qu’il s’agit probablement d’une généreuse donatrice » !
Nous entrons dans l’église où un prospectus nous indique dès l’entrée que tous les vitraux de la nef sont de Michel Thiria malgré le manque de signature. Comment dès lors avoir pu imaginer une quelconque signature, qui plus est d’une Mme Thiria… ? Encore une fois, que d’erreurs et d’oublis autour de cet ancêtre. Était-il à ce point gênant ? Certes il avait deux ateliers à Metz et à Nancy, une belle clientèle et une reconnaissance sociale (un des membres fondateurs de l’Ecole de Nancy, administrateur des musées de Metz) mais il a joué aussi un rôle politique peut-être mal accueilli, en militant dans des journaux francophiles de l’avant-guerre, dès 1895, comme La Croix de Lorraine, La Lorraine artiste ou encore la revue régionaliste l’Austrasie en pleine annexion allemande, tout en ayant des commanditaires allemands devant la demande croissante de vitraux en Moselle. Peut-être était-il double dans ces temps complexes de la Moselle annexée, peut-être était-il gênant pour certains de ses contemporains ?
Sans parler de complot, il semble en tout cas que sa mémoire a comme été effacée et son travail non évoqué ou mal dans beaucoup d’articles portant sur les vitraux de la région. Ce n’est pas cela qui arrêtera ma quête, bien au contraire. Demain l’association de Norroy-Plesnois m’ouvre enfin les portes de l’église.
